#NUITDEBOUTCALAIS #32MARS-AN2

Anniversaire oblige, après quelques longs mois d’inactivité, nous tentons une douce renaissance du mouvement local sous le beau soleil de ce premier jour d’avril.

Avec l’envie personnelle de revenir aux bases, de débattre de démocratie réelle et de démocratie locale, autant qu’avec l’espoir de voir s’agréger de nouveaux venus dans la mobilisation qui naît autour de l’élection présidentielle, après une magnifique matinée musicale de partage et de cohésion populaire, je rejoins la place d’Armes à l’heure du rendez-vous de l’après-midi, accompagné, comme à mon habitude, de mes enfants. Il fait beau, un peu frais dans le vent calaisien, et puisque nous ne sommes qu’une poignée là, nous patientons en broutilles un moment avant de voir arriver d’autres camarades, avant d’envisager de commencer une session qui finalement ne démarrera pas formellement mais s’éparpillera en discussions par petits groupes, avec passions mais sans grande ligne directrice.

En vrac et dans le désordre, plusieurs sujets ont été évoqués.

 

La satisfaction matinale d’une improvisation musicale populaire nous amène à envisager le renouvellement de ce rassemblement festif et culturel. Tout comme le rendez-vous au débat de Nuit Debout, la mise en place régulière de cette rencontre musicale informelle me semble un élément indispensable pour développer le vivre-ensemble dans notre cité, l’occasion idéale de s’ouvrir à d’autres musiques que celles de nos conforts personnels, d’aller à la rencontre de l’autre, de cet inconnu qu’autrement nous n’aborderions pas nécessairement.

Le projet est évoqué avec M. et R. et nous en reparlerons rapidement.

 

L’indignation suit : celle de voir nombre de nos camarades, citoyens indépendants comme membres de différentes structures associatives, politiques et syndicales, recevoir un surprenant procès-verbal, amende de 68€, pour avoir joué de la casserole lors du meeting de soutien à l’immoral candidat François Fillon du 21 mars dernier. Motif évoqué : émission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’Homme. Au-delà de la farce dans les boîtes aux lettres pour le premier avril, de quoi bien rigoler… Je reproduis ici, en partie, le post de M. en réponse parce qu’il me semble bien résumer la bêtise municipale :

   « Il faudrait alors remettre une amende à la mairie quand il y a des festivités car le bruit, on le sait bien, est dangereux pour l’Homme et les pauvres riverains de ces festivités doivent bien souffrir. Il faudrait remettre une amende aux forces de l’ordre car le gaz est dangereux pour la santé. Il faudrait remettre une amende à tous les joueurs de batterie car le bruit qu’ils produisent est nocif. (…) Il faudrait de toutes les manières interdire les casseroles. Je pense que les vendeurs de casseroles devraient être sévèrement punis et leur commerce devrait fermer sans condition et pour toujours. C’est vrai quoi ! Quand même ! Je pense que les micros devraient être interdits. C’est vrai, ça ennuie ceux qui ne veulent pas entendre alors les meetings se feraient dans de petites salles, à voix basse. »

Rappelons également que dix ou quinze fois soixante-huit euros ne suffiront pas à combler les neuf cent mille euros d’argent public alloués à Pénélope pour son emploi d’attachée parlementaire où personne ne l’a jamais vue. Par contre, étrangement, quinze fois, cela fait mille vingt euros… De quoi couvrir l’amende à laquelle la municipalité a été dernièrement condamnée au profit des associations de soutien aux exilés…

J’y reviendrai dans un prochain billet.

 

Nous évoquons rapidement la nécessité de commencer de s’organiser pour la seule échéance qui nous intéresse : les prochaines élections municipales de 2020. Entre désir de destitution immédiate de Natacha Bouchart, dont les élans autoritaires virent au fascisme, désir d’anticipation donc, et réalisme quant au long temps indispensable à nous organiser, nous nous contentons pour l’instant d’affirmer cette idée que la prochaine alternance locale doit absolument se faire hors des partis traditionnels afin d’appeler à la gestion une cohorte de citoyens inexpérimentés peut-être mais volontaires, engagés par conviction et altruisme, et profondément désintéressés du carriérisme politique qui vient insidieusement ronger les espoirs de gestion dans le réel et continuer de légitimer les malsaines soifs de pouvoir.

Encore une fois, nous en reparlerons.

 

Avec J. je discute de la déception majeure de l’élection à venir, de cette alliance qui ne vient pas et qui pourtant certifierait la victoire d’une gauche populaire : moi qui m’apprête, quoi qu’il arrive, à renouveler mon soutien à l’anticapitalisme au premier tour à l’aide du bulletin ouvrier et révolutionnaire de Philippe Poutou, je suis pourtant le premier à souhaiter ardemment un ticket Hamon-Mélenchon – sans être certain que la constitution le permette d’ailleurs – pour nous assurer d’un revirement radical quant à la soumission aux diktats de Bruxelles et du libéralisme autant que pour lancer le mouvement vers la prochaine constitution et une nouvelle république. Malheureusement, aussi réalistes l’un que l’autre, J. et moi nous accordons sur le désespoir de savoir que cela ne se fera certainement pas parce qu’il est déjà bien trop tard…

 

Je m’approche également de JP quand il vient faire une photographie de son affiche électorale de la France Insoumise positionnée à côté de notre banderole collective, pour lui signifier que Nuit Debout est un rassemblement citoyen non partisan, qu’ici les sensibilités s’étalent avec respect d’une extrême-gauche révolutionnaire (comme je viens de l’affirmer et ne le cache jamais ici) à une gauche socio-libérale, que nous ne souhaitons rejeter ici que le racisme et qu’hormis ce délit anticonstitutionnel, nous sommes prêts à accueillir tout le monde, de quelque obédience qu’il se réclame, afin de débattre en bonne intelligence et dans le respect des moyens de faire converger les revendications et d’organiser les luttes.

Pas de couleur, pas d’affiche : c’est la condition sine qua none de l’ouverture à tou(te)s.

 

Au plus gros de l’après-midi nous sommes une quinzaine. Je n’ai pas fait le tour de tous les groupes éphémères : d’autres thèmes ont pu être évoqués, d’autres débats ont pu avoir lieu mais je n’en ai pas été témoin. Je n’évoque pas non plus des questions plus pratiques qui ont pu être discutées. J’ai dû partir avant la dispersion pour raisons personnelles.

Sentiment mitigé donc. Déception quant à l’éparpillement de la participation mêlée à la satisfaction de voir revenir des visiteurs rares autant que de voir nous rejoindre de nouvelles têtes. Déception de n’avoir su organiser le cercle du débat collectif mêlée à la satisfaction d’entendre les préoccupations politiques s’affirmer et parfois se faire écho. La reprise a des goûts complexes et contradictoires. L’espoir est faible, la volonté contrariée, mais après une nuit de sommeil, la conscience de la nécessité de continuer se fait jour.

Redémarrage difficile… diesel après l’hiver.

Il nous va falloir fixer un nouveau rendez-vous dans les jours à venir.

 

 

Matthieu Marsan-Bacheré

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