Nous Sommes Charlie, Nous ne Nous Tairons Jamais

Et ça continue, sans retenue et sans scrupule, sans une once de recul sur l’illégalité de ses paroles et de ses actes publics : Natacha Bouchart, maire enfiévrée de bêtise, de haine et de frustrations en notre belle cité de Calais, enfonce le clou de l’autoritarisme exemplaire et du fascisme non déguisé, assumé, en étendant son arrêté autour des regroupements et des rassemblements de la Zone Industrielle des Dunes, où ont eu lieu les premières distributions de repas aux réfugiés, au bois Dubrulle, où les associations se sont ensuite déplacées, et jusqu’à la Place d’Armes, où la population est venue manifester samedi passé, pacifiquement et dans la bonne humeur, son rejet de cette politique d’exclusion.

Extraits du communiqué de presse de l’imbécile édile :

« La semaine dernière, une présence régulière d’individus a été constatée sur la zone industrielle des Dunes, à des fins de distribution de repas aux migrants.

Après avoir été alertée par les usagers du secteur, notamment les chefs d’entreprises, et comme je l’annonçais dans un communiqué le 3 mars dernier, j’ai décidé de prendre un arrêté interdisant tout regroupement sur la zone des Dunes. Cette décision est fondée sur deux raisons.

D’une part, éviter de nouveaux troubles à l’ordre public.

D’autre part, permettre au Gouvernement de tenir ses propres engagements puisque le Ministre de l’Intérieur, en visite à Calais le 1er mars dernier, a déclaré qu’aucun point de fixation de migrants ne doit exister sur le territoire.

Depuis la prise de cet arrêté, il a été constaté que certaines associations procèdent désormais à la distribution des repas sur le périmètre du Bois Dubrulle. (…)

Par ailleurs, un rassemblement d’associatifs et de militants s’est une nouvelle fois constitué sur la Place d’Armes samedi dernier, perturbant ainsi la tranquillité des Calaisiens.

Parce que je n’accepterai pas que la population calaisienne soit de nouveau contrainte de subir ces troubles à l’ordre public, et parce que toutes les dispositions nécessaires doivent être prises pour empêcher la création de nouveau points de fixation à Calais, j’ai décidé d’élargir le périmètre de cet arrêté municipal au Bois Dubrulle et à la Place d’Armes.

Au moment où nous mettons en œuvre une stratégie marketing et touristique visant à redorer l’image de notre ville et à lui rendre son attractivité, nous ne pouvons tolérer ces agissements. »

Madame le maire, vos délires dictatoriaux ne font qu’exacerber plus encore les tensions en jouant le jeu d’une extrême-droite à qui vous préparez minutieusement la place en croyant la court-circuiter : que d’erreurs, que de rancœurs, que d’emportement !

Quel ridicule aussi…

Je ne parle qu’en mon nom ici, mais je sais avoir le soutien de nombreux concitoyens, de très nombreux calaisiens : nous ne nous arrêterons pas, nous ne vous laisserons ni exclure les opprimés d’un système que vous entretenez, ni bâillonner ces tentatives de démocratie qui vous hérissent le poil. Pour ma part, je continuerai de rassembler mes concitoyens en place publique aussi longtemps qu’il me plaira, aussi longtemps qu’il sera indispensable de réagir à vos édits, et je continuerai évidemment d’écrire mes humeurs, mes aspirations, aussi utopiques ou naïves puissent-elles vous sembler :

la liberté d’expression est un droit inaliénable !

Nous ne nous tairons jamais et il n’y a rien que vous puissiez faire pour nous réduire au silence que vous espérez. Vos décisions sont ce qu’elles sont, assumez donc qu’elles choquent la plus large partie d’une population profondément offensée par votre absence d’humanité. Si cela vous déplait tant que le peuple s’exprime contre vos basses et viles manigances, arrêtez donc avec vos incessants arrêtés. Tout ce que vous y gagnez, jour après jour, c’est l’irrémédiable et définitif ternissement de votre image déjà peu reluisante, c’est l’affirmation fière et nauséabonde des divisions désirées et entretenues par votre parti Les Républicains, clan de manipulateurs et menteurs irrespectueux même de vos propres électeurs. Tout ce que vous y gagnez, c’est le rejet massif et légitime, toujours plus profond, d’une classe politique déconnectée des réalités et totalement désintéressée des aspirations populaires réelles, occupée qu’elle est à s’entretenir sur l’argent durement gagné, et partagé avec des impératifs de solidarité, des contribuables.

Nous sommes Charlie.

Souvenez-vous en : c’était il y a un peu plus de deux ans et vous descendiez sur le parvis de l’hôtel de ville clamer haut et fort que les libertés d’expression, d’investigation et de critiques, étaient – et resteront – les fondements d’une démocratie vivante. Aujourd’hui pourtant, avec cette nouvelle menace d’interdire nos rassemblements, vous vous révélez terroriste de la pensée, prête à nous sacrifier sans égard pour notre humanité, vous vous révélez plus proche des frères Kouachi que des victimes de la censure. Vous assassinez là sans vergogne les voies de la civilisation, de l’acceptation de l’autre, de la différence et de la critique. Vous reniez le droit légitime au débat, confirmant l’entêtement égocentré avec lequel vous entendez faire main basse sur la politique locale. Je vous ai vue à l’œuvre en conseil municipal, je vous lis régulièrement, je vous ai écrit même : vous ne respectez rien d’autre que ce qui vous enrichira, vous ne daignez pas même répondre aux mots qui vous sont envoyés, vous ne daignez pas même écouter vos opposants en séance, préférant pianoter sur votre téléphone mobile pendant que les déclarations de l’opposition s’évanouissent dans le mépris.

Oui, nous sommes Charlie parce que nous n’avons pas peur, parce que nous sommes fiers et assurés du bon sens de nos actions autant que de nos revendications, parce que nous continuerons jusqu’au bout malgré tous les obstacles que vous tentez de glisser sous nos pas. Nous sommes David tout autant, face au si fragile Goliath aux pieds d’argile sous l’épaisseur illégitime duquel vous vous rêvez sans en avoir conscience : nous vaincrons car nous sommes légitimes et vous disparaitrez sous vos innombrables incompétences réitérées. Oubliée parce que dérisoire et ridicule. Oubliée parce que la haine se fane irrémédiablement quand renait l’espoir sous le soleil de nos printemps.

Rendez-vous est donc pris, samedi midi, sur la place d’Armes, qui est notre bien public, notre bien commun, dont nous avons financé la réfection et que vous n’avez pas su arborer et verdir. Rendez-vous est pris pour, une fois encore, inlassablement affirmer que les actions de solidarité ne constituent aucun délit, et pour cracher à votre visage notre joyeux et bienveillant dédain, égal à ce mépris amer que vous nous réservez et qui vous ronge l’âme, en manifestant toujours pacifiquement et dans une bonne humeur festive nos rêves utopiques mais intenses, puissants, de démocratie réelle et de fraternité !

 

Matthieu Marsan-Bacheré

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