#NUITDEBOUTCALAIS #72MARS

Chaque mercredi je profite de ma petite fille avec bonheur.

Quand elle tombe de sommeil à midi pour une grosse sieste, je me repose également. Du coup je manque le rendez-vous à la rencontre de W., sans-abri à Blériot, dont j’aurai des nouvelles plus tard : J. et M. ont passé une heure avec lui et le revoient ce vendredi.

Au réveil, temps lourd, nous partons à pied jusqu’au local syndical communal où je viens prendre des nouvelles de l’avancement d’une plainte et d’un recours contre la décision de l’agglomération de demander un justificatif de domicile à l’entrée des piscines municipales dans l’unique but d’en refouler les migrants. Une disposition fortement répréhensible évidement : l’encouragement d’une ségrégation intolérable !

Démarches en cours.

J’en profite pour tirer quelques deux cents tracts contre la loi travail et le 49-3, à distribuer durant la manifestation prévue le lendemain, et bientôt, retour à la maison sous le soleil. La brume de chaleur s’est levée pour céder le ciel au bleu, mais il fait toujours lourd.

 

Après avoir déposé ma fille chez sa maman, je prends le chemin de la permanence de notre député où nous avons donné rendez-vous aux citoyens qui souhaitent débattre de sa position face au 49-3 et lui réclamer, exiger, le vote de la motion de censure afin de dégager Valls. J’arrive un petit quart d’heure en retard pour trouver un proche collaborateur de notre homme, fier et méprisant, refuser le débat d’idées avec les citoyens. Le ton monte, l’homme fuit. L’expérience nous laisse pleins de ressentiments et de colère face au manque de considération explicite, non feint, que l’homme montre à notre égard. Intolérable.

Le moment passé, je laisse mes camarades repartir vers la place d’Armes pour le rendez-vous citoyen quotidien. Pour ma part, je remonte en voiture direction Dunkerque où j’ai rencard avec deux amis de longue date que je suis heureux de revoir.

Une heure plus tard, je reçois un message de Yann Capet, outré par notre comportement :

   « Je viens d’avoir le récit du rassemblement qui se réclame de nuit debout devant ma permanence et des insultes prononcées à l’égard de mes collaborateurs. C’est davantage la démocratie de l’invective que celle du compromis et de la participation. Je le regrette sincèrement ».

Comment lui répondre sans m’énerver ? Je me contente de lui dire que je suis avec des amis, que je m’occuperai de revenir vers lui le lendemain. Ce que je ne manque pas de faire au réveil :

   « Bonjour Yann, je vous donne ici le récit de ce qui s’est passé hier en fin d’après-midi devant votre permanence. Je ne suis arrivé, pour raisons familiales, qu’à 18h15 où une vingtaine de citoyens, pas tous issus de Nuit Debout, était regroupée autour de V. (votre collaborateur) et d’une jeune collaboratrice blonde. Apparemment V. venait de lire à l’assemblée présente votre déclaration postée au même moment sur Facebook. Je ne sais plus exactement ce qui se disait quand les camarades ont évoqué la régression sociale et le socialisme. Nous avons alors demandé à votre collaborateur de nous donner sa vision du socialisme, ce qui a eu pour effet de le faire fuir, arguant que « ce n’est pas le débat » et faisant alors monter la colère de nombre d’entre-nous. Cependant tout le monde est resté sagement sur le trottoir tandis que V. s’éloignait pour rejoindre la permanence.
   Pas moi. Je l’ai suivi, lui demandant de prendre ses responsabilités et de rester discuter plutôt que de fuir, sans débat et sans explication autre que celle de votre texte, mais l’homme est resté fermé, assumant cette fuite et ce refus d’échanger. Alors oui, je l’ai insulté, « con », peut-être pauvre, peut-être gros, je ne sais plus, mais « con » ai-je effectivement dit alors qu’il disparaissait dans votre permanence. Votre jeune collaboratrice restait, elle, face à moi, tâchant de prendre sa défense puis la vôtre, ne s’échappant pas et affrontant nos revendications et nos exigences sans se démonter, calmement et calmant tout le monde, et ce malgré les incessants appels de V., toujours planqué, pour lui intimer de nous quitter, de ne pas nous répondre. Alors oui j’assume l’insulte, sans aucun problème, votre collaborateur est un pleutre, persuadé que sa position non politicienne lui donne le droit de nous mépriser. Profondément. Cela est insupportable et je pense que vous pouvez comprendre ce point de vue, peut-être pas l’accepter apparemment, mais le comprendre.
   Pour ce qui est de « la démocratie de l’invective », je ne vais pas tarder à le revendiquer tant le mépris de toute la classe politique, et des députés socialistes ces jours-ci, envers le peuple qu’ils sont censés représenter est immense. NOUS NE VOULONS PAS DE LA LOI TRAVAIL. NOUS NE VOULONS PLUS DE CES RÉGRESSIONS SOCIALES. NOUS NE VOULONS PLUS DE CES DÉRAPAGES DE VIOLENCES DE L’ÉTAT POLICIER. J’espère bien me faire comprendre : depuis l’arrivée de Valls, la France vire inexorablement vers la dictature tranquille : matraques et 49-3, les blessés sont trop nombreux, et durant tout ce temps, vous et vos collègues députés ont continué de voter des lois liberticides quand Hollande a été élu sur le mensonge du Bourget, sur la promesse de défaire le capital international, le libéralisme sauvage, la finance, pour rendre au peuple sa dignité et son humanité. Rien de tout cela n’a été fait et vous, personnellement, avez voté oui à tout, amen à Valls.
   Dans ces conditions, comment voulez-vous que nous n’exprimions pas notre colère ? Comment espérez-vous que l’on continue de vous faire confiance ? Votre démocratie n’est pas non plus celle « du compromis et de la participation » mais bien celle de l’imposition forcée de dispositions antidémocratiques et liberticides.
   J’espère, malgré la virulence de mes propos, pouvoir continuer à échanger avec vous tant que vous occupez ce poste, j’espère pour pas longtemps car je vous l’avoue, je ne rêve plus que de la destitution de ce gouvernement pourri jusqu’à l’os, vendu à Gattaz et à Bruxelles sans regret, sans aucun poids sur l’inconscience, et dans la foulée de la dissolution de votre assemblée de nantis déconnectés persuadés d’avoir tous les droits au-dessus d’un peuple qui devrait se taire. Si je ne remets pas en cause votre honnêteté suite au dialogue ouvert que nous avons pu avoir sur la place d’Armes, je trouve votre position autour de cette motion de censure irresponsable et dénotant de carriérisme. Je vous laisse méditer là-dessus, n’hésitez pas à nous rendre visite prochainement ».

Pas de réponse.

Méditons nous aussi sur ce silence et l’intolérable mépris qui est ainsi affiché par nos soi-disant représentants.

 

Matthieu Marsan-Bacheré

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :