#NUITDEBOUTCALAIS #70MARS

Après avoir annoncé ma présence plus tôt ce soir, j’arrive un peu après 18h dans l’espoir de pouvoir accueillir ceux de nos camarades qui ont du mal à venir plus tard et rapidement nous sommes six ou sept. Nous entamons d’éparses conversations avant que J., du syndicat SUD, heureux de pouvoir nous rejoindre après le boulot et avant de rentrer chez lui, nous annonce la discussion prévue ce mardi en intersyndicale autour de la possibilité d’une nouvelle journée d’action et de manifestation contre la loi El Khomri mardi prochain. Un dernier baroud anti-Khomri, convivial, mais je commence à ne plus guère avoir d’espoir après la visite de notre député, incapable de comprendre l’hostilité profonde de ses administrés au modèle de société que ce texte encourage. Pour autant, j’invite ceux qui ne l’auraient déjà fait, à signer la pétition nationale et à interpeler leur député.

Puisqu’il est question de protestation, nous abordons également l’appel à la manifestation lycéenne sauvage du 12 mai, ce jeudi. Entre le manque de préparation, l’absence de cohésion et les nombreux appels à la violence sur la page de l’événement, nous évoquons la possibilité de nous fendre d’un message de responsabilisation pour calmer les ardeurs de nos jeunes concitoyens et éviter d’inutiles violences policières, d’absurdes et vilaines blessures.

Bientôt 19h et d’autres participants nous rejoignent alors que nous finissons de faire d’hésitants aller-retours entre le préau et le ciel : la pluie cesse enfin. Nous ouvrons ainsi, plus officiellement, la séance : grand cercle et ballon en jeu.

Je passe d’abord quelques informations glanées à l’écoute de #RadioDeboutParis : le 21 mai se tiendra une Marche Contre Monsanto, à défaut de nous y rendre, je propose que nous dédions les réunions de cette journée au géant industriel de l’empoisonnement et que nous préparions une liste des marques affiliées à l’entreprise en appelant au boycott définitif de ces produits ; le 4 juin, ce sera la Journée Internationale Stop Tafta, l’occasion encore d’un débat spécifique et de mettre en avant la pétition européenne déjà en ligne. J’expose également le besoin que j’ai d’un débat autour du nucléaire, sur lequel nous devrions pouvoir adopter une position commune claires, et des alternatives énergétiques, un point qui devra certainement s’intégrer au manifeste en cours de rédaction. J’avance encore mon envie de voir un comité cinéma et un comité concert s’organiser pour enclencher un cycle événementiel populaire de reconquête de l’espace publique par #NuitDeboutCalais, et faire vivre chaque samedi soir la place d’Armes. J’évoque encore les ateliers de projets, tel celui sur les cantines scolaires bio et locales : j’encourage la formation spontanée de groupes de réflexion, j’encourage les initiatives personnelles. Si nous devons commencer à travailler, nous aurons du mal à la faire tous ensemble sur place, il ne faut certainement pas nous attendre les uns les autres, nous ne ferons rien ainsi.

B. présent, je propose qu’il expose une nouvelle fois sa proposition de consensus comme processus démocratique interne, et le débat s’engage encore. Aménagements évoqués, orientation du processus vers les décisions d’identité et de fond, le travail de dialogue fait son chemin et certains, farouchement opposés il y a quelques jours à l’idée même, commencent de saisir l’utilité, dans certains cas, d’un tel système. Et quand M. revient sur l’obligation qu’elle ressent de revenir chaque soir défendre sa position, j’enclenche sur la confiance nécessaire qui doit s’établir au sein du mouvement : j’explique comment, B. absent, je me suis fait le relai de sa proposition, de ce que je comprends de sa position, à seule fin d’alimenter le débat, et j’ajoute que si M. expose son point de vue tel soir sur telle question, elle doit avoir confiance dans le fait qu’absente les jours suivants, nous relaierons son avis, nous nous ferons défenseurs de sa voix. Il me semble que c’est un peu le principe de #NuitDebout, d’entretenir le dialogue, et que le peu de participants actuels nous offre justement cette opportunité. Je ne suis cependant pas certain que nous l’ayons convaincue.

P. parle alors de notre inaction, de cette station debout stagnante depuis laquelle nous n’avançons guère : c’est une immensité d’horizons que nous explorons, ce sont de nombreuses orientations que nous discutons, et pourtant tout se noie là dans le vent frais du bord de mer. Il souligne combien nous acceptons telle ou telle idée, comment nous nous mettons d’accord pour lancer telle ou telle action sans jamais désigner personne pour s’y coller, personne pour devenir référent de tel ou tel projet. Il a bien évidemment raison, mille fois raison. Question organisation, nous avons encore beaucoup de choses à mettre à plat.

Je quitte mes camarades là-dessus et les laisse continuer.

Il va nous falloir travailler. Il me va falloir m’engager concrètement dans plusieurs comités. Démarrer les moteurs de nombreux projets et y faire graviter les énergies pour tenter de nous organiser concrètement et de lancer de nombreux rendez-vous réguliers, éléments d’accroche palpables pour inviter positivement nos concitoyens à nous rejoindre.

 

Matthieu Marsan-Bacheré

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