#NUITDEBOUTCALAIS #60MARS

Après l’intense journée de manifestation citoyenne, de promenade calaisienne avec la police nationale à notre suite sous le doux soleil d’un printemps encore frais, de débats avec la jeunesse lycéenne, mobilisée et énergique, après la nuit de détente et de fête qui nous a permis de continuer d’échanger, voisins communaux, rêves et espoir avec passion, de continuer de nous découvrir, ailleurs que sur l’agora publique, je suis épuisé. Physiquement ramassé.

Je passe presque toute la journée couché.

Malgré tout je me relève en fin d’après-midi pour retourner occuper la place d’Armes avec les camarades de #NuitDeboutCalais qui y seront présents. Afin de tenter de débriefer, avec un peu de recul, la manifestation de la veille, notre participation, notre investissement, tout en revoyant les derniers points d’organisation pour l’événement festif et citoyen du lendemain.

Nous ne sommes qu’une petite dizaine, pour la plupart habitués maintenant, mais nous recevons avec plaisir la visite de deux jeunes lycéens curieux présents la veille lors du débat improvisé au soleil de la fin d’après-midi. La fatigue est là cependant, lourde, et plus que d’habitude, nous mettons du temps à démarrer, sans jamais trouver de véritable rythme, sans réussir jamais à embrayer sans silence entre les différents sujets évoqués de manière plutôt chaotique. Sans nécessairement trouver l’entrain de développer. Éteints par le surmenage imprévu dans l’investissement, corps et âme, que nous fournissons tous depuis quelques jours.

Il y a toujours la question de l’attractivité qui revient, la question de trouver le moyen de transformer notre petit comité en grand rassemblement digne d’une ville telle que Calais. Nous déplorons cette méfiance d’état autour du mouvement #NuitDebout, entretenue par les médias nationaux traditionnels, institutionnels, et qui retient certainement un certain nombre de citoyens chez eux plutôt que de les inciter à s’intéresser à la vie politique, plutôt que d’éveiller leur curiosité et les encourager ainsi à nous rejoindre, ne serait-ce qu’une soirée, de venir à notre rencontre. Il nous faut créer nos propres médias alternatifs.

P. est là avec son matériel d’enregistrement et je propose de nouveau qu’un ou deux participants se laissent interviewer, rapidement, anonymement s’ils le désirent. Personne, encore une fois, ne se décide à faire le pas. J’ajoute qu’en début de semaine prochaine, j’espère commencer une série de portraits, écrits et photographiques, toujours avec la liberté d’anonymat, de citoyens calaisiens : participants, passants, commerçants. Si nous souhaitons voir nos concitoyens nous rejoindre, il est indispensable que nous nous découvrions un minimum, que nous osions présenter, sinon nos visages, au moins nos idées, nos attentes.

Dans le même élan, avec l’envie de répondre à la même problématique, B. revient sur la nécessité de nous afficher plus ostensiblement, chaque soir, sur notre lieu de réunion (banderoles et pancartes, slogans simples et ouverts, positifs, accessibilité, invitations spontanées), et d’entretenir la communication dans la ville également, par voie d’affichage.

Les questions autour de l’organisation de l’assemblée et du concert surprise du lendemain sont alors posées, mais mon absence prévue – je serai en repas de famille pour les quatre-vingt-dix ans de ma grand-mère – me laisse auditeur attentif, souhaitant ardemment l’investissement de ceux qui seront présents. Musiciens, soupe populaire, je réponds aux questions déjà traitées, rappelle les noms des absents du soir qui se sont engagés à régler tel ou tel aspect du lendemain, les encourage à se mettre en relation. Pour terminer, j’insiste simplement sur mon désir de les voir, lors de cette assemblée, former deux ou trois comités de travail tel celui autour du projet de réorientation des cantines scolaires municipales vers un circuit biologique et local.

Avant de m’éclipser, fatigué et pressé de me remettre au lit tôt pour la route du lendemain matin, je promets de faire en sorte de rejoindre tout le monde dimanche en fin de matinée pour l’arrivée du cortège du 1er Mai sur la place Crèvecœur afin de pouvoir de nouveau prendre la parole après les discours syndicaux avec l’envie de réitérer l’appel pédagogue à un grand débat citoyen sur l’espace public entre l’ensemble des travailleurs, chômeurs, retraités et étudiants concernés. Avec l’envie de faire germer l’idée d’une grande grève générale, autant contre le projet de loi El Khomri que contre la négation politicienne de nos attentes.

 

Matthieu Marsan-Bacheré

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