#NUITDEBOUTCALAIS #53MARS

« Un jour on est venu au monde, depuis on attend que le monde vienne à nous », Orelsan.

Absent de la place d’Armes pour cause de soirée avec les enfants, j’apprends que les collègues présents n’étaient que quatre, et que la projection de ce samedi soir, par arrêté municipal, est interdite, que la police, assurément, viendra à notre rencontre pour nous le signifier, avec l’ordre très probable de nous interdire également de nous rassembler là pour discuter entre citoyens responsables, pour nous rencontrer entre voisins, entre membres d’une même commune.

Ce que je propose :

On garde le cap. On tient la place, lieu public par excellence, lieu de vie du samedi soir sur Calais Nord et sur lequel personne ne saurait, personne ne peut empêcher les gens d’aller à la rencontre des richesses que l’autre s’offre à partager. Qu’au sein d’une réelle démocratie, aucune loi de ce type ne peut être acceptée par ce peuple qui gouverne – à moins que cette démocratie ne soit qu’un leurre ? On s’assied éventuellement, on sort les portables pour filmer massivement la scène, on ameute la presse, on se fend d’un communiqué en début de semaine.

Je propose. À vous d’élargir les horizons. Certains proposent de trouver un ou plusieurs bars prêts à nous accueillir pour assurer la projection, sans oublier de tenir le pavé de la place d’Armes dans le même temps pour continuer de débattre.

Nous serons nombreux !

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait », Mark Twain.

Forte de plus de six cents membres, la page Facebook #NuitDeboutCalais atteste de l’intérêt croissant de nos concitoyens pour la vie politique nationale autant que locale. À Calais, les yeux sont braqués sur nous à travers les optiques déformantes des médias institutionnels nationaux qui attendent le moindre débordement pour tenter de nous discréditer. À nous de jouer de diplomatie autant que de fermeté. Cet arrêté n’est pas innocent, loin de là : il expose la farouche détermination de nos élus à se soustraire à nos volontés, à garder pour eux-mêmes la gestion de notre ville. À quoi leur sert-il de vouloir jouer d’une opacité relative, sommes-nous en droit de nous demander. À quoi leur sert-il de vouloir museler le dialogue citoyen ?

P. avance une explication : « On se réunit à 19h, comme d’habitude, pour en parler, on ne lâche rien. Dans tous les cas, c’est déjà une victoire prouvant qu’on dérange l’ordre établi », cette oligarchie prête à tout pour nous garder dans l’ignorance, qui ne se rend « même pas compte qu’ils nous renforcent en prenant cette décision et nous n’allons pas nous gêner pour faire savoir dans le pays cette atteinte à la liberté d’expression ! »

C’est effectivement l’occasion de recentrer le débat sur l’abus d’autorité de Mme le Maire autant que de certaines dispositions de loi récentes et liberticides : dérives du pouvoir et dérives de l’état d’urgence, problème posé par cette démocratie représentative dévoyée par le carriérisme. Cette peur de l’inconnu qui s’installe dans leur ombre les paralyse tant qu’ils n’osent pas l’affronter, continuant de montrer, et d’ancrer profondément dans les comportements de nos concitoyens les plus faibles et les plus démunis, l’exemple insupportable du repli sur soi contre l’ouverture, de la peur absurde et irrationnelle de ce qu’ils risquent de découvrir d’eux-mêmes dans le regard de l’autre : leur propre humanité.

Exigeons leur présence !

S’ils tiennent tant à nous interdire de nous rencontrer quand nous les payons d’exorbitantes indemnités pour régler les difficultés sociales de notre ville alors qu’ils dépensent notre argent par millions pour étancher leur indécente mégalomanie à coups de projets loin des urgences de nos quotidiens, invitons Mme le Maire Natacha et ses adjoints, Emmanuel, Philippe et tous les autres, Yann encore ou Jacky. Tous sont invités, avant d’être élus, ils sont citoyens, qu’ils viennent s’expliquer plutôt que de nous menacer d’interdiction sans même daigner nous rencontrer. Jusqu’ici, un seul élu municipal est venu nous rendre visite, en toute humilité. Engagé, honnête et citoyen, il s’est mis à notre niveau, a partagé ses sentiments personnels, expliqué une de ses propositions autour d’un outil de lien social dont le conseil municipal refuse de discuter, purement et simplement. Invitons donc cette municipalité qui se croit au-dessus des citoyens qu’elle administre à nous dire, les yeux dans les yeux, que nous n’avons pas le droit de nous retrouver ensemble en toute amitié, que nous devons rester enfermés chez nous et nous contenter d’interagir dans les cadres stricts du travail et de la consommation, voire de l’abrutissement télévisuel, à la rigueur dans le cadre de la culture institutionnalisée des musées, mais surtout sans échanger nos impressions sur la vie politique, sur l’organisation sociale d’une communauté dont nous sommes les cœurs battants et les courages déterminés, chaque matin, à nourrir nos familles, à élever nos âmes autant que celles de nos proches, à partager nos envies, nos rêves, nos utopies avec nos voisins, nos amis, nos frères. La démocratie voudrait que ceux que nous élisons agissent pour le bien-être de tous en rassemblant les envies, en rapprochant les désirs, en fusionnant les énergies. Au lieu de cela, le message est : continuez silencieusement d’être des moutons et de brouter bêtement nos mensonges éhontés. J’ai pour ma part en tête l’image magnifique d’un troupeau de buffles affrontant le lion, menaçant l’instant d’avant j’imagine, qui détale soudain pour sa propre survie.

Invitons-les à redevenir de simples citoyens, le temps d’un soir pour commencer, d’aller à la rencontre de leurs administrés hors de leur calendrier, comme nous, dans la vraie vie, dans l’inconfort de confrontations qu’ils n’attendent pas, pour lesquelles, spontanément, ils n’ont pas eu l’opportunité de se préparer. Imposons-leur notre temps de parole, notre méthode de dialogue, tous égaux, tous points essentiels d’un cercle d’écoute et de respect, certains que nombre d’entre eux ne sauront y dissimuler longtemps leurs cynismes, leurs avidités, leurs postures et leurs mensonges. Chassez le naturel… Face à leurs manœuvres vides, nous avons déjà des projets et de nombreuses idées, des pistes et des solutions. Et nous avons le temps. Ne devraient-ils en profiter avant que leur confort ne s’effondre ? Qui pensent-ils être pour croire ainsi pouvoir nous dicter notre conduite lors qu’ils restent sourds à nos exigences, lorsqu’ils se jouent de nous qui les avons mis là. Dénoncés par ces mêmes entrepreneurs qu’ils installent sur les grands chantiers à la démesure des exigences de profit du libéralisme.

« Éric Moulin est obligé de tempérer les annonces martelées au fil des années : « J’ai lu que le chantier (Calais Port 2015) allait permettre l’embauche de 2000 personnes par an… Je comprends qu’il s’agissait, dans une phase politique, de vendre le projet, mais il faut retomber sur la réalité des choses. Ce chiffre de 2000 personnes est excessif. Peut-être pourrait-il correspondre au total d’embauches sur la totalité du chantier » »,

 article de La Voix du Nord cette semaine.

 

La manipulation ne les dérange pas.

Qu’ils y viennent, tenter de nous mentir effrontément droit dans les yeux !

« L’avenir appartient à ceux qui se lèvent à l’heure où je me couche », Orelsan.

Je vous laisse sur les paradoxes pleins d’opportunités de cette punchline farfelue.

À ce soir !

 

Matthieu Marsan-Bacheré

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