#NUITDEBOUTCALAIS #51MARS

Soirée avec les enfants mardi soir et je n’ai fait que passer déposer quelques sept ou huit cents tracts aux citoyens présents, m’assurant qu’ils se les partagent et que chacun puisse ainsi commencer de communiquer autour de lui autour de la soirée projection de samedi soir, du débat qui la suivra et du mouvement #NuitDebout à Calais, présent tous les soirs.

J’ai moi-même tracté dès mardi matin du Grand Théâtre à la place d’Armes, ainsi que sur le marché de Calais Nord mercredi matin, et sur celui de la place Crèvecœur ce jeudi, rencontrant chaque fois l’intérêt de nombreuses personnes âgées, de nombreux travailleurs et de quelques jeunes, croisant également le dédain ou le mépris d’autres calaisiens, plus rare, et très peu d’agressivité. Si le mouvement ne remporte pas la sympathie de tous, l’idée semble germer que ce que nous tentons de faire n’est pas forcément inutile, pas nécessairement nuisible. Au contraire, une majorité des personnes croisées semblent assumer un profond désir de changement sans toujours savoir, après des décennies de déceptions, comment l’obtenir.

Notre amie madrilène était, elle, présente, et s’est occupée de rédiger le compte-rendu, rapide (http://piratepad.net/compterenduNDC19avril2016), de ce qui s’est échangé ce #50MARS, que je lis mercredi en début d’après-midi. Outre les questions pratiques de la projection, l’essai du matériel qui nous est prêté, mettant à jour les contraintes de luminosité que nous aurons à régler au moment de l’installation, et la confirmation du parcours de la manifestation de la semaine prochaine, les débats sont revenus sur des interrogations déjà abordées lors de précédentes soirées, comme l’émergence de #NuitDebout, nationale d’abord, européenne dorénavant, et la politisation du mouvement qui se doit de se définir des objectifs à atteindre tout en gardant en tête l’échec de Podemos, en Espagne, à faire sienne la riche et dense diversité du mouvement des Indignados lors de sa formation en parti politique. Je vous invite à lire les billets des jours précédents pour y retrouver les nombreux échanges qui ont déjà eu lieu à ces sujets.

Le parcours de la manifestation est une excellente nouvelle pour nous, citoyens : du départ place de la Nation à l’arrivée place d’Armes, le cortège traverse largement le centre-ville ce qui sera l’occasion de continuer de mobiliser tout au long de la matinée. Une prise de parole syndicale est prévue à l’arrivée du cortège, il faudra que deux ou trois d’entre nous puissent également s’exprimer et lancer le pique-nique debout. Soit en invitant les manifestants à former de nombreux cercles de discussions sur de nombreux sujets, soit en organisant une large assemblée sur le modèle parisien en profitant du prêt ponctuel de la sonorisation syndicale : à nous de préparer une adresse forte pour mobiliser aussi largement que possible.

Le thème de la soirée était l’information. Plus largement il s’agissait d’échanger autour des médias traditionnels et alternatifs, de tenter de dresser une liste de sites d’informations libres, n’appartenant ni aux industriels ni à l’establishment. Ont été évoquées les émissions de télévision L’Effet Papillon sur Canal +, décryptage en profondeur de certains processus industriels, mise en lumière des dessous de conflits armés, et Reportages sur TF1, que je connais moins et en laquelle j’ai d’emblée moins confiance… Autour de #NuitDebout, il a été rappelé l’existence d’une page wiki (http://wiki.nuitdebout.fr/wiki/Accueil) où suivre les avancées des innombrables villes participantes. Niveau sites alternatifs, le journal Fakir a évidemment été cité (http://www.fakirpresse.info/), ainsi que le blog Passeurs d’Hospitalité sur la situation des réfugiés et migrants à Calais (https://passeursdhospitalites.wordpress.com/). Pour s’assurer de suivre de près les dérives politichiennes de nos élus, il a été rappelé la nécessité de s’informer sur les réseaux traditionnels, tels que BFM, qui donne le ton médiatique général, ou LCP (La Chaîne Parlementaire), qui diffuse débats institutionnels et interviews d’élus. Il y a la même nécessité de lire également les quotidiens La Voix du Nord et Nord Littoral pour suivre ce qui concerne spécifiquement la vie politique locale. Il y en a beaucoup à rajouter, je ne m’attarderai pas dessus maintenant puisque je n’étais pas présent ce soir-là, mais j’y reviendrai certainement plus amplement lors d’une prochaine discussion.

 

J’étais par contre présent hier soir #51MARS.

Nous n’étions qu’une toute petite dizaine à braver le froid, mais avons reçu les visites rapides de certains de nos concitoyens régulièrement présents : la pérennisation s’acte pour une bonne vingtaine de calaisiens, et c’est une excellente chose, je me répète, que de savoir que nous sommes présents, même en petit nombre, chaque soir.

Nous n’étions qu’une toute petite dizaine mais nous avons reçu la visite de L., élu municipal, commerçant et responsable d’association, qui porte aujourd’hui le projet d’une monnaie locale, sinon à Calais, pour commencer sur le quartier du Petit Courgain. C’était l’occasion idéale d’en savoir plus après les deux ou trois larges et denses discussions que nous avons déjà pu avoir à ce sujet, l’occasion de lui poser les questions de son intérêt pour les futurs usagers. L. rappelle alors le but premier de cet outil, à savoir le lien social : il insiste sur la revalorisation des petits commerces indépendants, la redynamisation du centre-ville et le maintien de l’emploi dans toutes ces petites entreprises aujourd’hui en difficulté. Nous évoquons encore la possibilité, pour les salariés qui le souhaiteraient, de se voir verser une partie de leur paie en devise locale. C’est aussi l’occasion de lui transmettre en partie le témoignage des boulonnais qui nous ont rendu visite quelques jours plus tôt, de lui faire passer ce message d’y observer de près les étapes du développement qui s’y sont effectuées pour y repérer les (nombreux) écueils à ne pas reproduire. L. confirme enfin son désir de laisser le contrôle de cet outil local à une association indépendante, citoyenne, plutôt qu’à la municipalité, qui, de toutes façons, n’est pas intéressée. Revalorisation des circuits courts et renouveau de la fréquentation urbaine, même si l’outil reste imparfait, plus ou moins soumis ou ancré dans le système capitaliste actuel, il reste un intelligent moyen de couper les pattes de la grande distribution par exemple, des garages franchisés ou de la malbouffe à la chaîne.

Niveau local, nous l’informons encore de nos réflexions autour des cantines scolaires, du désir que nous avons de militer pour des cantines bio et écoresponsables qui mettraient en avant les produits du territoire plutôt que de laisser nos enfants être nourris à la chaîne, eux aussi, de plats industriels informes et sans saveur, à la source d’un lourd gâchis alimentaire. Nous avons des pistes de travail à étudier : joindre la mairie d’une petite ville du sud-est pour s’informer des moyens mis en œuvre lors de ce passage du capital empoisonné à la liberté de cultiver sain, joindre notre propre mairie pour espérer obtenir les informations intégrales des prix, aliments et circuits de production et de distribution actuels, enfin joindre les producteurs et agriculteurs locaux et recenser les produits à notre portée. L’ensemble devrait permettre la réflexion autour des moyens d’imposer ce changement à notre municipalité. MP avance qu’il serait probablement plus aisé de ne commencer que par un quartier et j’abonde en son sens. Le projet deviendrait moins ambitieux dans un premier temps, mais nous permettrait de nous exercer, d’expérimenter avant de façonner un savoir-faire applicable ensuite à une plus large échelle.

Ce même circuit qui se mettrait alors en place deviendrait potentiellement l’ébauche d’un circuit citoyen rattachable à d’autres projets au fur et à mesure que nous les accomplirions, comme la monnaie locale.

Nous échangeons encore avec L. autour de la représentativité, du mensonge de la démocratie représentative qui pousse au carriérisme. Il nous apporte la confirmation de nos sentiments : oui, nos élus, nationaux et locaux, ne sont pas là pour administrer notre pays ni nos villes, mais bien pour poser le pied sur l’étrier vers de plus hautes fonctions, de nouveaux postes et une retraite supplémentaire à cumuler encore. Ils ne sont là que pour leur compte en banque, là que pour leurs trop nombreux intérêts personnels.

Il fait froid et nous sommes trop peu nombreux pour que la conversation s’éternise, même l’arrivée tardive de trois camarades ne nous retient pas. J’ai moi-même mon aîné à ramener, le repas à réchauffer, avant de le laisser se reposer.

J’ancre le quotidien : rendez-vous ce jeudi matin pour la session tract sur le marché. Je me lève chaque matin maintenant, avec de quoi m’occuper les mains en plus de l’esprit. Je me rends compte que je commence d’assumer une forme de militantisme politique, sans étiquette pour amener tout le monde au dialogue, humaniste pourtant, fortement, et avec toujours l’envie d’éduquer, d’aider ceux qui restent bloqués sur des schémas de pensée archaïques à comprendre la marche obscure du monde d’aujourd’hui.

Sans prétention mais avec fougue et conviction.

 

Matthieu Marsan-Bacheré

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