#NUITDEBOUTCALAIS #48MARS

Dimanche soir et je suis épuisé.

Retrouver ses enfants après une nuit de fête n’est pas de tout repos. Malgré tout j’active mes grands garçons, j’habille ma petite fille et nous partons rejoindre les amis sur la place d’Armes, non sans acheter sandwichs et frites sur le chemin. Il fait grand bleu, le vent souffle un peu frais, et nous profitons des derniers rayons de l’après-midi pour dévorer notre grasse pitance de fainéantise en attendant que d’autres participants nous rejoignent. En comptant mon aîné, qui écoute sans un mot, nous sommes une petite dizaine. Tous fatigués à la veille du lundi.

Toujours déterminés à avancer.

 

Nous nous organisons pour la projection prévue samedi prochain et J. confirme son intention de présenter le film. Il n’y a, de toutes façons, pas beaucoup d’autre solution puisqu’avec P., ils sont les seuls à l’avoir vu, et spectateurs comme les autres, nous préférons n’en rien savoir pour l’heure. Je récupère les contacts pour l’appareil de projection ainsi que pour l’impression des tracts. Je me propose d’ailleurs d’en rédiger un au plus vite afin que nous puissions rapidement commencer de le distribuer, et suggère de contacter le quotidien local pour une annonce de cette soirée exceptionnelle pour #NuitDeboutCalais.

Nous évoquons également la communication autour de la manifestation qui se rapproche : d’autres tracts à rédiger, en corrélation, si possible, à ses différents impacts futurs sur le quotidien de nos concitoyens, qu’ils soient ouvriers, cadres, retraités, étudiants ou lycéens. Le débat de ce lundi soir autour de la Loi El Khomri devrait permettre d’éclairer de nombreux points du texte et de savoir plus précisément comment orienter notre communication selon notre interlocuteur. Il nous semble opportun de réussir à faire venir des noyaux de lycéens et d’étudiants à nos assemblées, qui seraient plus à même de tracter à la sortie de leur propres établissements et de communiquer d’égal à égal avec ceux qu’ils inviteraient ainsi.

Certains, au vu du nombre de participants ce soir, se posent la question de l’occupation quotidienne, mais la plupart d’entre nous sommes d’accord pour dire qu’une présence chaque soir est la condition essentielle d’un ancrage durable : à nous de constituer un noyau dur d’animateurs pour s’assurer que chaque soir la place d’Armes puisse être un lieu de vie citoyenne, de débats et de discussions, d’échanges. Éventuellement d’interpellation : je n’y pense que maintenant mais ces soirées où nous sommes rares peuvent nous permettre d’aborder les passants, de leur présenter notre action et de les inviter, toujours plus nombreux, à nous rejoindre quand ils en ont l’occasion.

Je dois bientôt partir coucher mes enfants puisque leurs vacances se terminent. Mon aîné est resté dans le cercle, attentif, mais son frère et sa petite sœur courent encore autour de nous, sur l’immensité de la place d’Armes.

Je rappelle qu’afin de débattre au mieux, ce lundi soir, du projet de loi El Khomri, il serait bien que chacun ait fait l’effort de quelques recherches sur la toile ou dans les journaux. Nous évoquons également d’autres sujets que nous aimerions aborder dans les jours prochains : informations et médias alternatifs, état d’urgence, écologie, place des syndicats dans le monde du travail aujourd’hui, oligarchie et grandes entreprises, directive européenne sur le secret des affaires, cantines scolaires locales ou encore répression policière…

et nous voilà justement rejoints par deux sympathiques agents de la Police Nationale, en uniformes et en service malheureusement, qui nous demandent si l’un d’entre nous est le représentant du mouvement. Nous affirmons tous ensemble que non, nous ne sommes que de simples citoyens qui nous retrouvons là pour échanger, que tout le monde est le bienvenu parmi nous. Ils veulent alors savoir si nous comptons rester longtemps ce soir. Au vu du nombre, une heure peut-être. Et les voilà qui repartent aussi gentiment qu’ils sont venus, en nous souhaitant, chaleureusement, une bonne soirée. Premier contact dans la bonne humeur ! on ne va pas se le cacher, ça fait plaisir.

Nous reprenons et arrêtons le choix du thème de mardi soir : ce seront les médias alternatifs.

 

Je laisse six ou sept camarades continuer sans moi, sans nous : je rentre avec les enfants. Fatigué, mais comblé quand mon grand garçon, treize ans, m’avoue avoir trouvé l’expérience enrichissante et intéressante. Confirmant mon impression de cette nécessaire démarche pédagogique qui se doit d’accompagner #NuitDebout.

Chaque soir.

 

Matthieu Marsan-Bacheré

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2 Comments

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  1. Salut Matt,

    Très intéressant de suivre cette aventure grâce à ton blog !
    Continue… L’Asie du SE vous soutient ;-).

    @+
    Hervé

    J'aime

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