Je suis déçu mais ne suis pas surpris, les politiciens vivent leur vie.

Plus d’un mois a passé. Que reste-t-il aujourd’hui de ce qui a meurtri notre pays et fait défiler le monde entier dans les rues de Paris, et tout autour de la planète ? Quelles leçons ont été tirées ? Quelles nouvelles orientations ont été prises ? Et quels changements mis en œuvre ?

Ici, à part de longs discours politico-politiciens, il semble bien que rien n’ai changé. Rien. Nos responsables du gouvernement continuent d’être irresponsables et de diviser le pays, d’opposer les uns contre les autres et de masquer au peuple les magouilles qui les enrichissent. Ce président soi-disant socialiste, à qui nous avons donné un mandat suite au Discours du Bourget, et qui nous promettait de faire de la Finance et de la Spéculation ses principaux adversaires, offre aujourd’hui à ces mêmes entreprises, françaises et internationales, le droit de continuer à s’enrichir sur notre dos. Le droit de nous manipuler et de nous empoisonner.

J’ai vu, et partagé, il y a quelques jours, la nouvelle chansonnette de Didier Super qui exhorte nos responsables à mieux nous manipuler. Il n’a pas tort le bougre. Quitte à crouler sous les impôts et à pleurer sur la misère du bout du monde loin de chez nous, autant nous donner au moins l’impression de s’occuper de nous plutôt que d’afficher clairement son mépris des « sans-dent », comme nous appelle ce foutu président sans ambition et sans vision.

J’ai vu quelques extraits de sa conférence de presse d’ailleurs. Bien belle manipulation médiatique s’il en est, où les vraies questions ne sont jamais posées. Le beau jeu des politiques qui continuent d’écrire les questions auxquelles ils souhaitent répondre. Comment ce microcosme tient-il encore ? Pourquoi le peuple affamé reste-t-il de marbre quand il perd tout ? Quand il perd ses acquis sociaux, son confort, sa dignité. Quand il perd jusqu’à l’envie de se battre. Crétinisé par la téléréalité, par les manipulations médiatiques… Comment se contenter des mensonges qu’on nous sert après ce soi-disant sursaut républicain du 11 janvier ? Et l’autre qui dit vouloir prolonger cet état d’esprit… Il n’y a rien compris. La majorité de ceux qui défilaient n’y ont rien compris. Nous voulons libérer la parole, pourquoi ? Pour continuer à se vautrer dans le canapé devant les mêmes inepties ? Ou bien pour enquêter, dénoncer, comprendre, analyser et reconstruire ? Je suis évidemment en faveur de la deuxième option. Je ne veux plus de ces édiles inutiles, de cette élite de pacotille. Je ne veux plus d’élus fainéants concernés par leur propre sort plus que par celui de leurs administrés.

Oui, je veux Le Grand Soir : le sang de menteurs et des manipulateurs sur les trottoirs, le revenu minimum en quartier populaire pour ces princes Jean qui vivent de nos impôts, qui nous volent jour après jour, qui nous rackettent pour dormir dans des draps de soie à l’abri du froid, de la misère et de la réalité. Je veux de l’anarchie, de l’autogestion, de la démocratie locale et participative, de la citoyenneté de proximité. Je suis Charlie, pour moi c’est aussi ça : le respect des croyances de chacun mais le droit de tout dire, le respect de l’humain et le feu sur les finances, l’opprobre sur les spéculateurs. Chacun met Dieu où il veut mais rappelons-leur que l’argent n’est pas une religion. L’argent est le pire fanatisme, celui qui fait naître la haine au cœur des opprimés qui subissent son joug partout sur la planète.

Alors la loi Macron… La loi Macron, bientôt votée, qui n’a nulle unité, qui ne s’applique pas à un seul domaine mais englobe des restrictions allant du droit d’informer aux avantages fiscaux en passant par le travail dominical ou les transports en communs. Sous couvert médiatique d’avantages pour les volontaires, il est bien question une fois de plus de continuer d’enrichir les plus riches. Le travail le dimanche par exemple. Il ne s’agit pas de savoir sous quelles conditions, ni combien de dimanche par an. Il s’agit de sens pratique. Nous trimons huit à douze heures par jour, du lundi au vendredi, voire jusqu’au samedi, pour payer nos loyers, nos factures, nos impôts. Pour nourrir nos enfants. Le travail le dimanche tel qu’il est proposé n’offre aucune solution au chômage mais des arrangements pour les grands commerçants. Pour résorber le chômage il faudra se résoudre à partager le travail entre tous : quatre jours par semaine payés sur un smic décent. Et pour laisser la crise, consommer comme ils disent, tous les dimanches ouverts. Quatre jours de labeur, trois jours pour profiter, et le dimanche un jour comme un autre. D’ailleurs si nous étions une société laïque, la question ne se poserait pas : pourquoi le dimanche et pas shabbat ou le vendredi ? Dimanche, jour du seigneur en chrétienté… en crétinerie oui. En croyance qui ne dit pas son nom, vieux relents de bourgeoisie et d’oppression. La liberté, c’est où tu veux quand tu veux. Pas de tel jour à telle heure.

Je ne suis pas surpris, plus de deux siècles après, je demande l’ouverture de nouveaux cahiers de doléances à travers toutes les villes et les campagnes de France. J’ai des choses à dire, des propositions à faire. Pas forcément des solutions, mais des idées, des pistes à travailler. Et c’est bien tous ensemble que nous devons y réfléchir. La citoyenneté, ce n’est pas de voter une fois tous les trois ou quatre ans pour différents scrutins. La démocratie, ce n’est pas de déléguer notre pouvoir à des irresponsables. La citoyenneté, c’est l’engagement quotidien dans la société. La démocratie, c’est l’exercice quotidien de sa réflexion et de son pouvoir de décision.

Soyez Charlie, exprimez-vous, proposez, discutez. La terre ne leur appartient pas, elle est l’héritage que nous prêtent nos enfants et c’est une ressource limitée. Nos vies ne leur appartiennent pas, elles sont l’énergie dynamique d’un écosystème qu’il nous faut respecter au risque d’annihiler le miracle. Je ne suis pas croyant mais tous ceux qui placent leur foi en un dieu supérieur le savent : la vie est une exception rare, un cadeau. Aucun texte sacré ne prône l’enrichissement matériel. Aucune vie ne se comble d’un compte en banque bien gras. Tout l’or du monde n’achètera jamais l’amour ni l’épanouissement, ni le regard de l’autre. Bien au contraire : tout l’or du monde ne fait que déclencher des guerres. Personne n’est meilleur que son voisin parce qu’il a mieux réussi. La valeur du cœur vaut plus que ça. L’amour et l’humanité, la compréhension de son prochain, la compassion, l’attention. Notre monde a oublié tout ça. C’est un scandale si violent mais ancré si profond que la majorité, abreuvée à l’opium médiatique, l’accepte.

Ces putains d’émissions de shopping par procuration. Aujourd’hui ce sont des fringues, mais demain… à quand le concours de celui qui gère le mieux cent euros pour nourrir tout un mois sa famille de trois enfants ? L’indécence étalée si effrontément est devenue la norme. Le mépris de son prochain est devenu la norme. La haine est devenue la norme. Les industriels en profitent les premiers, suivis des politiciens qui leur sont marionnettes et valets. Suceuses à la langue bien mouillée sous des dents qui rayent le parquet. Je ne suis pas surpris, je suis écœuré. De plus en plus j’ai la nausée. Je voudrais brûler l’Elysée, les commissions de Bruxelles, Wall Street et les grands centres financiers, le siège de Total, de Lehmann Brothers, les institutions du Luxembourg et autres paradis fiscaux où de malhonnêtes gens échappent à leur responsabilité citoyenne en nous rabâchant les oreilles des sacrifices nécessaires qu’il nous faut faire pour le soi-disant bien commun. Pour le bien de leur portefeuille d’action, pour le bien de leurs spéculations. Profiteurs de guerre, comme hier.

A force de nous diviser, quand le feu prendra nous nous tromperons de cible, manipulés comme nous sommes. Nous ne sommes que des hommes et c’est bien notre voisin qui recevra le premier cocktail tandis que terrés dans leurs abris économiques, ils nous regarderont nous épurer pour mieux prendre possession de nos terres.

Oui, je suis déçu, mais je ne suis pas surpris. Et malgré la faible lueur d’espoir, si faible, presque éteinte, je suis amer. Je voudrais bien y croire mais la machine politique ne se laissera pas faire. Les politiciens vivent leur vie, loin de la tienne, et n’ont que faire de tes rêves.

Matthieu Marsan-Bacheré

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4 Comments

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  1. Bien Matthieu, tu devrais lire les livres de Gbagbo, il y a tout ça dedans et il l’a écrit il y a plus de 30 ans déjà.
    Tonton

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    • Matthieu Marsan-Bacheré 12 février 2015 — 8 h 16 min

      Bonjour Tonton,
      je ne vais pas lancer de grand débat par commentaires distants, mais je n’ai pas cette image de Laurent Gbagbo. Cela dit, je ne demande qu’à satisfaire la curiosité que tu éveilles, et si tu possèdes ces écrits, je ne demande qu’à lire. Peut-être peux-tu me les faire passer via Maman qui devrait venir me rendre visite dans pas trop longtemps.
      Heureux de voir que tu me lis. Bises

      Matthieu

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  2. c’est bien écrit et malheureusement tellement vrai…. je suis surprise et déçue aussi de penser qu’au fond nous sommes sans doute très nombreux à penser ainsi mais que rien ne bouge pour autant…

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    • Matthieu Marsan-Bacheré 15 février 2015 — 22 h 52 min

      Merci DelphKyo,
      oui nous sommes probablement nombreux à penser, peut-être pas exactement ainsi, du moins dans ce sens en général. Mais nous sommes aussi nombreux à avoir trop de ce petit confort occidental à perdre. Les peuples du monde émergents rêvent de s’offrir notre « liberté »: consommation plus qu’expression malheureusement.
      Changer les choses prendra du temps, beaucoup de temps, beaucoup de misère… « Changer le monde commence par se changer soi-même », chante Keny Arkana. Les jeunes générations sont souvent parmi les premiers à reprendre ce genre d’apostrophes mais comme tout le monde, ce sont des choses plus mercantiles qui les intéressent… Un jour peut-être, le Grand Soir…
      En attendant merci de ton intérêt !

      Matthieu

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